12 juil. 2009

A QUI APPARTIENT LE RESEAU POUR LA SOLIDARITE NUMERIQUE?

Alors qu'on n'a même pas fini de parler du projet Senfacture qui oppose des jeunes sénégalais à l'opérateur historique SONATEL, voila un autre scandale qui sonne à son heure. Eh bien sachez aussi que le projet du Chef de l'état dénommé Le Réseau pour la Solidarité Numérique dirigé par un certain Lamotte n'appartient pas à la présidence. Ce sont plutôt des jeunes sénégalais engagés pour la promotion des TIC qui ont ficelé ce projet. Le véritable nom du projet est RESON: Le Réseau pour la Solidarité Numérique. Le projet a été créé par un comité d'initiatives composé d'une dizaine de jeunes dont le coordinateur s'appelle Latif THIOR. Selon le coordinateur c'est en 2005 que le projet a été remis au Président de la République qui, lors d'un conseil des Ministres avait donné des instructions fermes au ministre des TIC à l"époque JOSEPH NGONG.

Sénmédias : Vous dites que le projet dénommé Réseau pour la Solidarité Numérique dont vous êtes le coordinateur a été plagié. Pouvez-vous nous expliquer la genèse du projet ?


Latif Thior
:

Justement c’est après le retour triomphal du Président de la République Maître Abdoulaye WADE au 1er sommet de Genève sur la société de l’information que nous avons eu l’idée d’accompagner cette initiative. Nous nous sommes constitués en comité d’initiatives composé de personnes évoluant dans de secteurs différents (professeurs, des ingénieurs en informatiques, des étudiants etc.) pour réfléchir sur un programme.
Comme vous le savez, Le Président WADE avait proposé à cette tribune, la mise en place d’un Fonds de Solidarité Numérique pour résorber le gap qui sépare les pays Nord et ceux du sud. Cette idée a été approuvée à l’unanimité par la communauté internationale et parrainée par les villes Genève et de Lyon et ainsi insuffler un espoir nouveau à l’ensemble des pays sous développés. Nous avons voulu matérialiser cette vision du Chef de l’Etat en la traduisant en acte concrète à travers le comité d’initiatives que nous avions mis en place et dont la réflexion a aboutit sur un plan d’actions. Un programme ambitieux à plusieurs niveaux pour sensibiliser les populations à la base à l’appropriation des outils et instruments numériques qui seront mis à leur disposition dans le cadre de l’exploitation dudit fonds.

Avez-vous des preuves sures qui prouvent que le projet a été plagié LT
Oui effectivement nous avons entendu qu’une certaine personne, conseiller à la présidence a effectivement été chargé de piloter une structure nommée Réseau pour la Solidarité Numérique dont nous réclamons la paternité. Et preuve à l’appui nous avons protégé le document en question au BSDA sous le numéro 11052 à la date du 20 juillet 2005, mais également d’autres pièces justificatives dont la lettre réponse que la Directrice des NTIC nous avez adressée lors de la conférence publique sur le thème « le Sénégal et la résolution de la fracture Numérique : Rôle des pouvoirs publics » que nous avons organisée en collaboration avec la Convergence Citoyenne, la Mairie de Grand Yoff, la Ville de Dakar. Je ne peux pas dire que c’était une coïncidence si cette personne détenait le même nom que le notre car elle a commencé ces activités après que les autorités ont reçu le projet en question (Le Ministre des postes et télécommunications, le Ministère chargé du NEPAD, la Présidence de la République et d’autres autorités à qui nous avions remis le document pour appui).

Si vous disposez de preuves pourquoi vous n’avez pas porté plainte ? Pourquoi donc avoir attendu tout ce temps pour sortir de votre réserve ?
LT
Et pourquoi porter plainte ? Je n’ai pas senti la nécessité tout simplement parce que nous n’avons pas le même concept de la chose. C’est vrai que je pouvais bien le faire en tant que titulaire de droit de cette œuvre enregistrée au niveau de la structure habilité d’assurer la protection efficace et performante aux violations des droits d’auteurs. Je crois que nous ne sommes pas encore à ce stade et le moment venu nous allons saisir cette structure pour arbitrage
Quelle est la différence entre votre projet et celui dirigé par un certain Lamotte ? LT :
J’ai bien suivi une de ces activités, mais nous n’avons pas la même approche ni les mêmes visions. Notre objectif c’est de toucher les populations à la base, les couches défavorisées qui n’ont pas accès à l’outil informatique. Par exemple les populations de Médina Sangoko (région de fatick), ou bien encore celles Kagnarou (Bignona) de Mpack etc… le programme va au-delà des zones urbaines et va fouiller les contrés les plus reculés du Sénégal. Il va prendre en compte également toutes les couches de la population (jeunes, femmes, personnes âgées), tous les secteurs d’activités (commerce, le social l’éducation …) . Bref c’est un programme très diversifié La mairie de plateau par exemple avait appuyé leur programme à hauteur de plusieurs millions d’ailleurs. Tu penses que les jeunes citadins, nantis qui se trouvent au Plateau en sont les priorités ? Je ne le pense pas. Nous voulons lancer une campagne d’information, mais surtout d’implication des populations à l’appropriation des opportunités qu’offre le Fonds de Solidarité Numérique.
Avez-vous rencontré ce Lamotte LT
: Non du tout ! Et pourquoi d’ailleurs ? C’est vrai que quand nous avions rencontré certaines autorités qui nous ont proposé de nous retrouver pour discuter ensemble et trouver des solutions communes ; propositions que je n’ai pas accepté parce que tout simplement je pouvais bénéficier comme lui de leur appui

Vous avez cité l’ancien ministre Joseph Ndong qu’en est-il exactement ? LT
Oui effectivement le Ministre Joseph Ndong nous avez reçu en son temps à son bureau sur instruction du Président de la République comme il nous l’a dit. Il a même avoué que le Président lui avez remis le document en conseil des Ministres et l’avait donné des instructions fermes pour nous accompagner à réaliser cet ambitieux programme. Malheureusement le suivi n’a pas connu un succès par manque de coordination avec ses services techniques mais surtout du faite qu’il avait quitté après quelques mois seulement ce département ministériel. Mais ce n’est pas la seule autorité à qui le Président nous avez mis en rapport car il y’avait aussi un certain Monsieur TOP (conseiller à la présidence) qui devait être notre interlocuteur. Nous ne l’avons jamais rencontré d’ailleurs.
Est-ce que le Président de la République est au courant de cette histoire ? LT
C’est la que je voulais apporter des précisions ; étant donné qu’il ait une structure du même nom pilotée par un conseiller de la présidence de surcroît, on pourrait lui faire croire que c’est le même projet. Je vous assure qu’il a été très content lorsqu’il a reçu le projet (c’était lors de l’inauguration du Centre de formation Sénégal Japon CFTP), car avait posé des actes qui l’attestent de par les directives qu’il avait données à ses collaborateurs d’accompagner le projet. Il l’a également notifié au Secrétaire Général du Fonds de Solidarité en question lors de la conférence préparatoire du forum de Bilbao à Dakar organisée par le Conseil Régional de Dakar Malgré tout ça nous n’avons pas baissé les bras.

.Quels sont les perspectives du projet du Réseau pour la Solidarité Numérique ? Que comptez-vous faire maintenant ? LT:
Dans un cours terme, dérouler le programme pour mettre en place le bureau du Réseau National par une tournée nationale dans tout le territoire national. Dans un moyen terme s’ouvrir à la sous région pour mettre en place le bureau Africain (le modèle Sénégalais puisse être copié par les autres pays Africains) et d’ailleurs là j’ai eu le privilège de participer au forum de Bamako en 2007 (Synergie Jeunesse Africaine) une rencontre de la jeunesse Africaine où le projet a été présenté à cette tribune et a connu une forte adhésion de celle –ci quant à sa mise en œuvre. Et dans un long terme à l’aboutissement du Réseau Mondial où tous les continents vont ce connecté. Vous me donner également cette opportunité pour saluer le MEDS qui, à travers sa tribune des mercredis du MEDS nous a permis de présenter le projet aux différents partenaires, qui seront invités à un atelier de validation du projet dans les prochains jours. Le Président Mbagnick Diop et son staff ont montré toute leur disponibilité à accompagner ce projet. Nous allons associer à cette journée de réflexion les autorités ainsi que toutes autres structures voulant matérialiser cette vision du Chef de l’Etat

Merci d’avoir accordé cette interview au premier blog des TIC au Sénégal et sur le site senmedias.com


LT: C’est moi qui vous remercie

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